Réchauffement climatique. La vérité est ailleurs… selon les Observateurs

«Climat: la sage décision de Trump». «Il est temps de revenir à la raison». «Réchauffement climatique : la tricherie de trop». Voici quelques titres parmi la dizaine d’articles sur le réchauffement global, publiés cette année sur LesObservateurs.ch. Les Observateurs ? Un média en ligne que certains surnomment le «Breitbart News» de Suisse romande.

“Tous les journalistes romands pensent pareil et écrivent donc la même chose.” Uli Windisch

Si une profonde remise en question, «réinformation» sur l’immigration en Suisse est un thème phare pour les Observateurs – provoquant le catalogage du «pure player» dans la «fachosphère» et la «fakenewserie» par ses détracteurs-  on retrouve également en libre accès sur le site, des billets très conservateurs sur la stratégie énergétique, la filière nucléaire et la politique climatique. De quoi interpeller l’Association Suisse du Journalisme Scientifique.

Rendez-vous avec son fondateur, Uli Windisch, au café de La Frontière, entre Genève et Haute Savoie, non loin de la résidence «du bout du lac» de ce Valaisan de 70 ans originaire de Crans Montana. Un lieu symbolique dans lequel nous éviterons toutefois la politique migratoire afin de parler de «réchauffement global», «faits» et «science». Interview.

Uli Windisch, pourquoi autant d’articles «climatosceptiques» sur votre site des Observateurs?

Beaucoup de nos articles relativisent en effet l’importance du réchauffement climatique et je constate un engouement massif derrière ces voix dissidentes. Le président américain Donald Trump les a récemment exacerbées et on en profite un peu. Ce ne sont toutefois pas les faits scientifiques que l’on critique principalement mais ce «mainstream politique» contre lequel il est difficile d’émettre la moindre opposition et de se faire entendre.  Aujourd’hui c’est risqué de dire publiquement qu’il y a des thématiques et des actions d’envergure plus importantes et plus urgentes que le réchauffement climatique, sans être méprisé et médiatiquement tu. Notre site internet offre donc une tribune à ces voix «anti-establishment» dans le domaine scientifique aussi.

Vous ne croyez donc pas au réchauffement climatique ?

Personne ne nie que le climat change et que l’homme a une influence. La science n’est toutefois pas exempte d’idéologie. Les sciences «exactes» sont moins teintées de croyances que les sciences humaines mais il y a dans tous les domaines une induction culturelle.  Il y a des effets de groupe. Pour le sociologue que je suis, ce n’est pas parce que 99% de la société, des scientifiques ou des politiciens disent que le réchauffement climatique est un danger pour la planète, que c’est forcément vrai. Actuellement des millions de personnes vivent et se nourrissent sur ce fantasme, mais qui peut dire avec certitude à quoi ressemblera notre terre dans 50 ou 100 ans ? Un astéroïde nous percutera peut-être d’ici là et redistribuera toutes les cartes. Personne ne détient la vérité sur le long terme. Il est donc capital d’avoir un débat contradictoire sur la politique climatique actuelle, au niveau mondial et suisse.

Revenons aux faits. Quelle importance accordez-vous aux preuves scientifiques ? Il existe des organisations et médias qui vont jusqu’à remettre en question le fait que la terre est ronde.

Il existe des lois fondamentales en science. Je ne les nie pas. Vous ne verrez jamais un article sur les Observateurs.ch qui parle d’une terre plate. Par contre il n’est pas à 100% certain que dans 50 ou 100 ans notre terre aura une température moyenne 2.5°C supérieure à celle de maintenant. Pour moi, le traité de la COP21 est une énorme escroquerie au niveau politico-médiatique. Trop de gens ont des intérêts privés et financiers lorsqu’ils prônent la lutte contre le réchauffement climatique. C’est du fanatisme! Mais si je dis ça, on me répond que c’est moi l’allumé.

La victimisation fait vendre aussi (ironie)…

Je dis simplement qu’il y a parmi la population un doute profond et généralisé sur l’évolution de notre climat et qu’il faut donner la parole à ceux qu’on fusille trop souvent. Il faut également une meilleure formation journalistique en Suisse pour approcher la vérité indépendamment de l’idéologie. Cela n’est pas le cas actuellement. Tous les journalistes romands pensent pareil et écrivent donc la même chose.

Martin Beniston, éminent climatologue, directeur de l’Institut des sciences de l’environnement à l’Université de Genève craint que la croyance, dans le sens «croire savoir» soit en passe de détrôner la science. Qu’en pensez-vous ?

Faute de questionnement réellement critique, Martin Beniston a réussi à imposer sa vision du monde. Certains scientifiques pensent toujours avoir raison. Ils sont encore plus arrogants que ceux qu’ils accusent de «croire». J’ai l’impression de vivre sous l’Inquisition, quand la vision d’une terre plate a été imposée par la religion. On en rigole aujourd’hui. Mais qui sait ? On rira peut-être de la même façon de nos projections climatiques alarmistes actuelles.

Vous tenez un discours qui peut paraitre paradoxal. Très sceptique et provocateur sur le dossier climatique, alors que votre regard est élogieux sur la science, ses résultats et sa démarche critique. Pourquoi ?

Je suis en effet captivé par les objectifs de la science, fasciné par cette quête de la vérité. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui envoient par exemple des fusées dans l’espace. Un micromètre d’erreur, et c’est l’explosion. Il y a des choses fantastiques dans les sciences dites «exactes», avec beaucoup moins d’idéologie que dans les sciences sociales. La vulgarisation scientifique est également un travail fantastique et indispensable. Ce que je souhaite, c’est que les climatologues aient la même rigueur que les physiciens qui envoient des fusées dans l’espace.

Vous ne parlez malheureusement pas de ces autres branches scientifiques sur votre site, n’avez-vous pas peur que vos «Observateurs» deviennent obscurantistes?

Non. Il n’y pas de climat antiscience dans mon média… De l’«anti-prétention scientifique» seulement!

LesObservateurs.ch est un «pure player» créé en 2012, désireux de «lutter contre le politiquement correct» en «faisant partie du courant de la réinformation». Son fondateur et rédacteur en chef actuel, le sociologue genevois Uli Windish trouve «la situation grave en Suisse romande qui ne connait pas la pluralité [médiatique] présente en Suisse alémanique». La rédaction, 4 à 5 personnes en grande partie bénévole aborde essentiellement les thématiques liées à l’immigration, l’étranger, la politique nationale. Ces «Observateurs» ne sont pas des journalistes car les « prétendues écoles de journalisme sont très largement de gauche et constituent un autre facteur explicatif de l’éloignement des lecteurs.» Pas de formatage pour Uli Windisch; et selon lui les 42’000 articles écrits depuis 5 ans attirent aujourd’hui 15’000 à 30’000 visiteurs par jour, venant de manière importante de France.

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